124 - CORTOT
 
   
Jean Cortot  Composition 1955-1956  nature morte  fusain aquarelle   galerie au passeur

Jean CORTOT

né en 1925

" Composition "
1955-1956.

 

Dimensions : 55 x 76 cm

Fusain, aquarelle

 

Prix : 650 euros
 

 

Né à Alexandrie le 14 février 1925.


Peintre, graveur, illustrateur, peintre de décorations murales.


Jean Cortot fut élève d'Othon Friesz (1879-1949) à l'Académie de la Grande Chaumière à partir de 1942, où il fut un des co-fondateurs, avec entre-autres Jacques Busse (1922-2004), Jean-Marie Calmettes (né en 1918), Michel Patrix (1917-1973), du Groupe de L'Echelle, qui exposa à Paris en 1943, 1946, 1947, 1948, année où il reçut le Prix de la Jeune Peinture, suivi en 1954 du Prix de l'Union Méditerranéenne pour l'Art moderne à la Biennale de Menton.
Il participa également aux Salons annuels parisiens : Salon des Tuileries, Salon des Moins de Trente Ans, Salon des Artistes Indépendants, Salon des Jeunes Peintres, Salon d'Automne , Salon de Mai, Salon des Réalités Nouvelles ainsi qu'en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Israël, au Maroc....., dans des Galeries – autant pour des expositions collectives que personnelles - comme la Galerie Jacques Massol à Paris, la Galerie Valloton à Lausanne, la Galerie Adrien Maeght à Paris.

De 1951 à 1956, huit tapisseries furent tissées à Aubusson sur ses cartons, en 1988, deux tapis. Il a exécuté quelques travaux graphiques, notamment des ''télécartes'' et des ''tableaux -téléphones'', les affiches et programmes des Chorégies d'Orange en 1989, 1990, 1991. Il réalisa également plusieurs décorations murales, à Toulouse, Bordeaux, Libourne, Paris...

Son goût prononcé pour les lettres et la philosophie le conduisit à illustrer de nombreux ouvrages littéraires parmi lesquels en 1965, son premier livre édité chez Adrien Maeght : La charge du roi de Jean Giono ; en 1989 : Ouest-Est de Michel Déon, mais surtout, entièrement écrit et peint manuellement, illustré en exemplaires uniques ou en peu d'unités, des oeuvres poétiques de Jean Tardieu, André Frénaud ou Louise Labé et autres.

Plus de soixante-dix ouvrages, livres manuscrits, peints, imprimés ou gravés : au fil des années une oeuvre unique s'est créée, fondée sur une étonnante symbiose écriture-peinture.

Plusieurs expositions collectives et personnelles sur ce thème :

  • 1977 : Paris, Centre Pompidou : Autour d'André Frénaud.

  • 1981 : Paris, Galerie Lucien Durand puis repris au Centre Pompidou en 1982 :

    Anthologie Jean Tardieu.

  • 1984 : Paris, Maison de la Poésie : Tableaux-poèmes, Poèmes épars,
    Livres peints
    .

  • 1989 : Casablanca à l'Ecole des Beaux-Arts et à Marrakech au Centre Culturel
    Français
    : Les paroles de la main.

  • 1989 : Paris, Maison des Ecrivains : Tableaux dédiés.

  • 1990 : Paris, Bibliothèque Nationale ......

  • 1996 : Saumur, Centre d'Art Contemporain : L'Ecriture est un dessin.
    ......

Après l'inévitable diversité des premières peintures de jeunesse, on peut établir la chronologie des thèmes qui constituent l'oeuvre de Jean Cortot :

  • 1947 à 1950, série à partir du Chantier naval de la Ciotat, où le rouge du minium et le bleu du ciel se heurtent dans l'imbrication des grues et charpentes métalliques.

  • 1951 à 1953, paysages de l'Ardèche, où l'on peut noter encore l'écho du graphisme de Francis Grüber (1912-1948).

  • 1955-1956, des Natures mortes, dont on peut dire la technique et l'écriture ''quadrillées'' par l'entrecroisement de glacis superposés, un peu à la façon des tissages écossais.

  • 1956, une série de portraits, dans une technique pointilliste de couleurs pures ;

  • 1957, Variations sur La table du peintre.

  • 1957-1958, série des Villes, métropoles modernes, bien loin de tout pittoresque, entassements de façades striées de baies muettes, marque un moment particulier dans son oeuvre du fait que la formulation rythmique de ces Villes l'a amené définitivement à l'abstraction, dans la mesure ou par abstraction on peut entendre : abstraire à partir de quelque chose d'autre.

  • 1960-1961, la série sans doute inspirée de paysages marins, mais dont n'auraient plus été retenus que les seuls reflets.

  • 1962, la série intitulée Antiques, constituée d'ensembles de signes plastiques dérivés de petits objets d'archéologie, tels qu'on en voit dans les vitrines des musées spécialisés ou du '' cabinet de l'amateur ''.

  • A partir de 1963, commença la longue série des Combats, inextricables mêlées de schématiques guerriers hérissés de piques et de tranchants divers, combinaisons inépuisables de signes graphiques, oublieux de leur vocation guerrière à l'avantage de l'élégance graphologique du geste. Très logiquement, ces séries, progressivement plus détachées de leur thème iconique initial, se poursuivirent dans la série des Ecritures, dont le matériau pictural, qui les constitue d'abord, peut évoquer, sans intention d'imitation, tantôt les murs privilégiés de graffitis, tantôt les parchemins d'ancienne culture, tandis que les signes tracés peuvent jouer les calligraphies orientales ou celui, plus sobre, des messages dans une bouteille à jamais indéchiffrables. La série des Ecritures s'est développée durablement , définie par André Frénaud en tant que '' Portes bleues '' ou par Jean Tardieu
    '' Ecrit sur l'eau et le ciel '', à peine interrompue par des '' Lumières '' et des
    '' Fusions '', sortes de macroreprésentation de signes ou parties de signes graphiques.

  • A partir de 1974, les écritures devinrent lisibles avec les séries des Tableaux-poèmes et des Poèmes épars, qui interrogent et célèbrent des textes de Blake, Frénaud, Tardieu, Saint-John-Perse, Jouve, Louise Labé, Rimbaud, Mallarmé, Valéry et d'autres.

Depuis la série des Villes de 1957, si ce n'est de plus avant encore, et dans la suite des séries qui constituent dans leur diversité thématique la continuité de son oeuvre, qu'il s'y agisse d'édifices non situés, de combattants improbables, de graffitis a-sémiques, d'onomagrammes à clefs perdues, de poésies en tous sens éclatées, ses thèmes ne sont que les alibis à partir desquels Jean Cortot prodigue une exceptionnelle invention graphique, qui concilie une foncière et inviolable réserve et cette fécondité des langages plastiques qu'il invente à mesure et qui « laissent parfois sortir de confuses paroles .»


Jacques Busse


Musées : Alès – Bruxelles – Harvard – Bruxelles – Marseille – Miami - Mulhouse – New York - Paris – Toulon.

 

 

 

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