153 - SINGIER
 
   
Gustave Singier  Composition abstraite  lithographie couleur   galerie au passeur

Gustave SINGIER

1909 - 1984

 

Dimensions : 48 x 63 cm

Lithographie couleur, datée 1966

 

Prix : 380 euros

 

 

Né à Warneton (Flandre-Occidentale belge) le 11 février 1909, mort à Paris le 5 mai 1984

Peintre à la gouache, aquarelliste, graveur, peintre de décors et de costumes de théâtre, peintre de compositions murales, peintre de cartons de mosaïques, peintre de cartons de tapisseries, peintre de cartons de vitraux, Illustrateur.

 

Son enfance dans la Belgique occupée par les armées allemandes fut perturbée par la proximité des combats. Son père était menuisier, sa mère tisserande.

S'installe à Paris en 1919. Dès l'âge de quatorze ans, en 1923, il commença à peindre et la même année jusqu'en 1926, il suivit les cours de l'Ecole Boulle, à Paris, à la suite de quoi il travailla comme dessinateur d'architecture d'intérieur et de mobilier, jusqu'en 1939, tout en continuant à dessiner pour lui et à copier des peintures de maître. Il peignait aussi sur nature.

Gustave Singier rencontra le peintre Charles Walch, en 1936, qui l'encouragea, le conseilla et dans la mesure de ses propres moyens lui fit sentir les possibilités de liberté dans l'expression picturale, notamment en ce qui concerne la couleur.

En 1939, il fait la connaissance de son voisin, Alfred Manessier, de ses amis Elvire Jan et Jean Le Moal.

Mobilisé l'année suivante dans l'armée belge, il est envoyé à Bagnols-sur-Cèze après l'invasion de la Belgique. De 1941 à 1944, il travaille dans l'atelier d'ébénisterie de son père. Il se réfugie en 1944, chez Alfred Manessier, dans Le Perche où séjourneront également Elvire Jan, Jean Le Moal, Jean Bertholle, l'écrivain Camille Bourniquel, les sculpteurs François Stahly et Etienne Martin.

Gustave Singier enseigna à Paris, où il vécut et travailla, à l'Académie Ranson de 1951 à 1954, puis à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, de 1967 à 1978.

A Paris, il participa aux divers Salons : de 1936 à 1939, au Salon des Indépendants, de 1937 à 1949 au Salon d'Automne dont il devint membre sociétaire en 1942, de 1939 à 1942 au Salon des Tuileries ; à partir de 1945 au Salon de Mai, dont il fut l'un des membres fondateurs et membre du comité. Il participa à de nombreuses expositions collectives :

- Vingt peintres de tradition française en 1941 (exposition organisée par Jean Bazaine) - à la Galerie Braun réunissant la plupart des jeunes peintres français qui allaient devenir les plus importants de leur génération et se voulait un double défi aux armées d'occupation, défi national et défi moderniste en face des précurseurs de l'art dégénéré - à la Galerie de France, en 1945 : " Le Moal, Manessier, Singier " et même exposition à la Galerie Drouin, l'année suivante - au Musée du Luxembourg, à Paris, en 1949 puis, jusqu'à sa mort, nombreuses participations à des expositions collectives, à des Biennales ainsi que des expositions personnelles, en France (la Galerie Billiet-Caputo, lui consacre sa première exposition personnelle, en 1949), en Europe et aux Etats-Unis.

A partir de 1936, Gustave Singier se place dans la jeune peinture française et n'a cessé de s'affirmer. Il se lia rapidement avec Alfred Manessier, Jean Le Moal, dont les recherches convenaient à son propre esprit. Depuis lors, sa ligne d'évolution ne cesse de s'entrecroiser avec celle d'Alfred Manessier, selon que l'un ou l'autre éprouve le besoin de retrouver quelque support objectif à des variations colorées abstraites ou au contraire s'efforce à une libération plus totale. Même goût des gammes sonores, comme l'émail, et des rythmes verticaux. Gustave Singier est de ce groupe que renient les puristes de l'abstraction, car pour eux, il n'ait pas d'effusion pure de toute matière ; c'est le tableau qui est abstrait d'une réalité, dont ils n'hésitent pas à dévoiler l'origine en titrant les oeuvres. On ne peut s'empêcher de songer à un renouveau impressionniste. Certaines toiles impressionnistes furent libérées de l'aspect servile de la réalité, au profit de la sensation poétique, notamment les derniers Nymphéas que peignait Claude Monet, juste avant sa mort en 1926.

Mais pour Singier et Manessier, on tient compte aussi des acquisitions cubistes, et la sensation est organisée et construite. C'est cette double dépendance envers les Impressionnistes et à l'égard des Cubistes, qui laisse supposer que ces peintres constituent la filiation exacte de l'esprit cézannien , mieux que d'autres qui n'en ont retenu qu'un seul des aspects.

En vérité un des grands mérites de la génération des peintres français à laquelle appartient Gustave Singier, est d'avoir délibérément voulu réaliser une peinture de synthèse. Renonçant peut-être à leurs chances d'originalité foncière, l'originalité à tout prix ne leur semblant pas à eux, français, le but à atteindre, ces peintres ont voulu faire le point après les incroyables boulversements qui n'avaient cessé de secouer le langage pictural depuis le début du siècle. Du temps de leur première manifestation vers 1943, la synthèse qu'ils se tenaient pour but, était celle, en decà de l'Impressionnisme, de Seurat ou Cézanne, de Matisse à Picasso. Dès les premières années de l'après-guerre, qui amena pour les français la découverte de Kandinski, Klee et Mondrian, ils ajoutèrent à leur but initial la volonté d'intégrer aussi cette prodigieuse libération de la forme picturale Il est juste de noter qu'avec la plénitude de la maturité, l'oeuvre de Gustave Singier s'est complètement séparée du chemin propre à Manessier, pour se développer et s'épanouir dans ses qualités personnelles. Au mosaïques savamment composées de petites surfaces sonores alternant avec les larges fonds plus calmes de la première période ont succédé des peintures plus fluides , recourant à des techniques tachistes et qui s'apparentent aux effets de l'aquarelle, où Singier a toujours excellé. A lire les textes qui lui sont consacrés, on remarque qu'il est toujours fait allusion à son propos d'excès d'élégance, de délicatesse mais poussée à un tel point de perfection qu'on n'aurait le courage de lui en faire le reproche.

Peintre, il a étendu son activité dans des domaines très divers : une peinture murale Le Miracle des pains pour le réfectoire des Dominicains de la Glacière, à Paris, en 1946 ; des Tapisseries : L'Eté, en 1947 - Le Départ des voiliers, pour le Mobilier National, en 1950 - des vitraux pour la chapelle des Dominicains à Monteils (Aveyron), en 1952 - des costumes pour L'Orféo de Monteverdi, monté au Festival d'Aix-les-Bains, en 1955 - les décors et costumes du Pelléas et Mélisande de Claude Debussy monté à l'Opéra de Bruxelles ainsi que pour d'autres productions d'Opéras de compositeurs des XVIIIème et XXème siècle.

 

Dernier aspect important de sa carrière, la gravure : c'est en 1941 qu'il vient à l'estampe, s'initiant aux techniques sans maîtres ; il abordera la gravure en couleurs à partir de 1953 par des eaux-fortes.

De 1942 à nos jours, les mêmes thèmes, les mêmes lignes de force sous-tendent son oeuvre dirigé vers " la recherche d'une possibilité de vivre et de respirer en dehors des contingences quotidiennes vers la terre, la végétation, la faune, le ciel, l'eau (...), mon but, dit-il encore, n'est pas de l'imiter (la nature) ni de m'en inspirer directement, mais plutôt de trouver une correspondance entre le sentiment que j'ai de la réalité et la possibilité que j'ai d'exprimer ce sentiment dans ma peinture.

Gustave Singier a été édité par la Galerie de France, Jacometti, Guillard ; imprimé par Leblanc, Guillard, Mourlot, Desjobert, Cassé, Gourdon, Lacourière, entre autres.

Gustave Singier à illustré de nombreux livres de bibliophilie dont : Quatrains de Camille Bourniquel, 1947 (textes et illustrations gravés au burin) - Le Traité des appareils d'André Frédérique, 1955 (six lithographies) - Un balcon en forêt de Julien Gracq, 1972 (vingt et une lithographies et bois gravés) ...

Il participa à toutes les grandes expositions internationales consacrées à l'Estampe.

Gustave Singier créa deux cent cinquante estampes environ : lithographies, tailles-douces, xylographies, sérigraphies.

 

Musées : France - Allemagne - Angleterre - Afrique du Sud - Autriche - Belgique - Canada - Etats-Unis - Macédoine - Norvège - Nouvelle-Zélande - Suisse.

 

 

Jacques Busse

Janine Bailly-Herzberg : Dictionnaire de l'Estampe en France 1830 - 1950

 

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